Périménopause et ménopause

Avant la ménopause qui arrive aux alentours des 51 ans (12 mois sans menstruations), une phase de fort déséquilibre hormonal appelée périménopause commence vers 47 ans et dure en moyenne 4 ans. Après une diminution progressive des taux de progestérone et d’œstrogènes depuis l’âge de 35 ans, le taux de progestérone va chuter ce qui met dans un état d’hyperoestrogénie relative.

Beaucoup de femmes peuvent alors ressentir des désagréments dans leur quotidien liée à cette dominance oestrogénique : des cycles irréguliers, des règles qui peuvent devenir très abondantes, des mastoses, des troubles du sommeil, syndrome prémenstruel exacerbé, des troubles de l’humeur, apparition de fibromes et polypes, troubles de la thyroïde, prise de poids, rétention d’eau …

A la ménopause, le taux d’œstrogènes chute à son tour et d’autres désagréments peuvent apparaître : sécheresse des muqueuses, bouffées de chaleur (à cause de la vasodilatation des vaisseaux sanguins de la peau), troubles urinaires (dont les cystites), troubles de la libido, douleurs articulaires, troubles de l’attention et de la mémoire, perte en masse osseuse, perte en masse musculaire au profit de la masse grasse, insulino-résistance …

Petit retour sur le cycle féminin et tous les acteurs concernés 🙂  :

Les phases du cycle féminin

Le cycle menstruel féminin est régi par l’hypothalamus (le chef d’orchestre), l’hypophyse (plus précisément l’adénohypophyse) et les ovaires.

Il est constitué de 4 phases principales :

  • la période des règles de 1 à 7 jours,
  • la phase folliculaire des règles au jour 14 idéalement (période de sécrétion d’œstrogènes du follicule ovarien),
  • l’ovulation vers le 14ème jour,
  • la phase lutéale du jour 14 au jour 28 (période d’activité du corps jaune avec sécrétion d’œstrogènes et progestérone).

Ceci est un cycle idéal que n’ont pas de nombreuses femmes (la durée du cycle peut être plus longue ou plus courte que 28 jours, l’ovulation peut avoir lieu ou pas).

Comment ça marche au niveau hormonal ?

L’hypothalamus sécrète l’hormone GnRH en direction de l’hypophyse qui va alors sécréter les hormones FSH et LH.  La FSH est l’hormone folliculostimulante qui joue un rôle dans la sélection du follicule mature et la LH est l’hormone lutéinisante qui déclenche la libération d’un ovocyte.

La FSH agit sur les cellules folliculaires qui vont libérer des œstrogènes. C’est la phase folliculaire.

Le pic de FSH et un taux élevé d’œstrogènes provoquent la montée de LH qui va déclencher l’ovulation et la formation du corps jaune (il s’agit du follicule mature sans son ovocyte).

Le corps jaune va sécréter progestérone et œstrogènes. C’est la phase lutéale.

En l’absence de fécondation, l’ovocyte meurt et les taux de progestérone et d’œstrogènes s’effondrent. La muqueuse utérine se désagrège, et les règles arrivent pour démarrer un nouveau cycle.

source images : MARIEB « Anatomie et physiologie humaines »

A l’arrivée de la ménopause, les ovaires devenant moins sensibles aux hormones FSH et LH, celles-ci vont devoir monter à de très hauts niveaux pour que soient sécrétées les œstrogènes et progestérone mais de manière plus aléatoire. Puis enfin, les ovaires ne réagiront plus aux stimulations de FSH et LH et ne sécrèteront plus d’hormones.

Passés ces moments de grands bouleversements hormonaux, le corps va progressivement revenir à un nouvel équilibre avec des taux d’hormones plus bas ☀️.

Les hormones sexuelles féminines

Les hormones sexuelles féminines (œstrogènes, progestérone, testostérone) proviennent de la transformation du cholestérol.

On dit « les œstrogènes ou estrogènes » car il s’agit en fait d’un groupe d’hormones : l’estradiol (hormone de la femme fertile, sécrétée par les ovaires), l’estriol (hormone de la femme enceinte, sécrétée par le placenta) et l’estrone (hormone de la ménopause, sécrétée par le tissu adipeux, les surrénales et le foie).

L’estradiol est un œstrogène fort (action hormonale la plus puissante) alors que l’estrone et l’estriol sont des œstrogènes faibles.

Les œstrogènes participent à la vascularisation et l’hydratation des tissus, à la multiplication et la prolifération des tissus, excitent le système nerveux, baissent la tension artérielle, augmentent le bon cholestérol (HDL) …

La progestérone freine certains effets des œstrogènes. Et elle intervient entre autres dans la relaxation du système nerveux, favorise l’action thyroïdienne, la dilatation des veines (pouvant conduire à l’apparition de varices), favorise une température corporelle plus élevée …

Les œstrogènes et la progestérone agissent de manière complémentaire (sur les cellules ostéoblastes et ostéoclastes) pour densifier la matière osseuse.

Vers un nouvel équilibre

Si vous arrivez à l’âge de la périménopause, sachez que votre métabolisme est en train de changer et que prendre de nouvelles habitudes sera bénéfique pour mieux vivre cette période et la suite de votre vie de femme ménopausée. Il n’y a pas de fatalité si vous comprenez comment votre corps fonctionne 🙂 .

Le traitement hormonal de la ménopause THM pourra éventuellement agir sur des bouffées de chaleur invalidantes mais n’aura pas d’effet sur la prise de poids par exemple. Par contre, le THM n’est pas anodin car des études ont montré que la prise de ce traitement sur plus de 5 ans augmente les risques de cancer du sein et de l’ovaire et de pathologies cardio-vasculaires.

En naturopathie, les axes privilégiés sont l’alimentation, l’exercice physique, la gestion du stress et des émotions et, avec l’aide de remèdes naturels appropriés, le rééquilibrage hormonal, la prévention de l’ostéoporose, la réduction des troubles de l’humeur et du sommeil et toujours la fonctionnalité des émonctoires (foie, intestins, reins, poumons, peau) ✨.

Réajuster l’alimentation

Vu que le métabolisme est ralenti et que le corps a davantage tendance à stocker, la première démarche que devrait suivre une femme qui s’approche de la ménopause serait de diminuer ses quantités alimentaires de sucres rapides et de graisses saturées et d’entretenir régulièrement sa flore intestinale pour préserver la qualité de sa digestion, l’assimilation des nutriments.

Il est toutefois important de continuer à manger des protéines pour aider à préserver vos muscles : on les trouve dans les viandes, poissons, œufs mais aussi en associant dans la même assiette des céréales et des légumineuses.

Mangez régulièrement des antioxydants (on les trouve dans les légumes et fruits colorés) pour lutter contre les radicaux libres, responsables du vieillissement prématuré.

Mangez des acides gras poly-insaturés Omega 3 (poissons gras, huiles extra-vierges pressées à froid de lin, colza, cameline): ils sont anti-inflammatoires et permettent à la peau de conserver une bonne élasticité.

Boire suffisamment (au moins 1,5l) aidera à conserver une certaine souplesse dans les articulations, des tissus hydratés et un meilleur péristaltisme. On s’hydrate en buvant de l’eau ou des tisanes (bien choisir les plantes). Le thé, le café sont diurétiques donc déshydratants.

Prévention de l’ostéoporose

Dès maintenant, il est important que vous fassiez attention à la quantité de calcium et de vitamine D car à la ménopause, les os commencent à perdre progressivement le calcium qui fait leur solidité.

Avec l’âge, il est rare de ne pas être en carence de vitamine D et il est souhaitable de se supplémenter au moins pendant l’hiver car on vit sur ses réserves d’été. Afin d’éviter le surdosage, il vaut mieux faire un dosage sanguin à la fin de l’été pour connaître son taux maximal. Une supplémentation quotidienne ajustée d’après le dosage sanguin est préférable à des UV doses.

On trouve du calcium dans d’autres sources que les produits laitiers comme les choux, les légumineuses, les graines (amandes, graines de sésame). Ces deux dernières sources nécessitent un trempage pour se débarrasser de l’acide phytique car celui-ci empêche justement l’assimilation de certains minéraux dont le calcium.

Il est utile de savoir que faire de l’exercice physique comme la marche ou la course à pied va renforcer les os et que ce n’est pas le cas pour la natation ou le vélo. En effet, le fait de « frapper le sol » va créer des microlésions dans les os qui vont être immédiatement comblées par le travail des cellules ostéoblastes. La natation et le vélo sont des sports d’endurance qui font travailler le cœur et les muscles mais « ne font pas d’os » 😉 .

Eviter le relâchement

D’autres activités comme le Yoga, Tai Chi, Qi Gong sont un bon moyen de conserver ou améliorer votre souplesse et de faire circuler l’énergie grâce à des postures spécifiques et une respiration ample ✨.

En plus de ramener de l’énergie où il en manque (organes fatigués) ou disperser un trop plein d’énergie (source d’inflammations locales ou gonflements), le massage Chi Nei Tsang tonifie le ventre qui a tendance à se relâcher avec l’âge pouvant parfois induire des descentes d’organes (prolapsus) ☀️.

Rééquilibrage hormonal

Les phyto-hormones 🌸sont des plantes qui miment l’action des hormones progestérone ou oestrogènes en se fixant sur leurs récepteurs cellulaires.

Pendant la périménopause, prendre des phyto-progestérone pourra aider à réduire les désagréments cités plus haut. Par exemple : achillée millefeuille, alchémille, gattilier, yam …

Puis à la ménopause, on pourra ajouter des phyto-œstrogènes. Par exemple : soja, trèfle rouge, alfalfa (luzerne), graines de lin, sauge, cimicifuga (actée à grappes noires), houblon mais aussi des bourgeons (gemmothérapie)…

Attention ! certains phyto-oestrogènes fortement dosés par voie orale sont contre-indiqués aux personnes ayant un antécédent de cancer hormono-dépendant. D’autres suggestions sont alors possibles.

santé

Pour la gestion du stress et des émotions, les troubles du sommeil et de l’humeur, on utilise les remèdes naturels en naturopathie 🌸tels que les élixirs floraux, les huiles essentielles, les bourgeons…

apaisement , sérénité, douceur, connaissance

En conclusion, chaque femme vivra la périménopause et la ménopause de manière unique car cela dépend de son passé hormonal (contraceptifs hormonaux), de sa silhouette, de son alimentation, de son hygiène de vie au quotidien, de ses antécédents familiaux…

En naturopathie, je vous propose de prendre soin de vous pour une ménopause apaisée grâce à un accompagnement personnalisé qui est fonction de tout cela 🙂 .

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